Barracuda : le Suffren à un mois de sa sortie du hall de construction

Le compte à rebours a commencé en vue de la mise à l’eau du premier des six nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque français du type Barracuda. Avant cela, le Suffren va d’abord sortir du hall de construction du chantier Naval Group de Cherbourg.

Des « marcheurs », sorte de mille-pattes mécanique géant sur lequel repose le submersible de 5 000 tonnes, déplaceront celui-ci très lentement sur une centaine de mètres jusqu’au bassin où il sera mis à l’eau et subira une batterie de tests.
Ensuite, après plusieurs mois d’essais en mer, le SNA sera remis à la Marine nationale à l’été 2020, avec trois ans de retard par rapport au calendrier initial.

Trois autres sous-marins de la classe Suffren – le Duguay-Trouin, le Tourville et le De Grasse – seront livrés durant la période de la loi de programmation militaire (2019-2025). Le cinquième SNA de la série, le Rubis, a été commandé en mai. Le sixième, le Casabianca,le sera cette année pour être livré en 2029. Ils devraient rester en service jusqu’en 2062.

70 jours d’autonomie 

Depuis 1899, la France a construit 107 sous-marins, dont 16 nucléaires. Ces derniers ont tous été assemblés dans cette vaste nef Maxime-Laubeuf, du nom d’un illustre ingénieur naval : six sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de la classe Redoutable (en service jusqu’en 2008), quatre SNLE de la classe Le Triomphant (mis en service entre 1997 et 2008 et qui seront en activité jusqu’en 2035) et six SNA de la classe Rubis (73,6 mètres de long, 2 500 tonnes). Ces derniers, entrés en phase opérationnelle entre 1983 et 1993, auront donc progressivement été remplacés par les Barracuda à l’horizon 2030.

Les nouveaux SNA seront plus furtifs et capables d’une meilleure détection sous-marine. Des mâts optroniques, ne pénétrant pas la coque, se substitueront aux traditionnels périscopes. Le système de combat a été amélioré. La « vitesse tactique », c’est-à-dire celle à laquelle les submersibles pourront naviguer tout en restant complètement discrets, sera de deux fois supérieure à celle des Rubis. La profondeur de plongée sera supérieure à 350 mètres et l’autonomie théorique d’environ 70 jours (contre 45 jours pour la génération précédente), cette durée à la mer étant seulement limitée par l’emport des vivres, voire de munitions. Selon Naval Group, maître d’œuvre industriel des Barracuda, ceux-ci gagneront aussi en manœuvrabilité grâce à des barres en X, visibles à l’arrière du bateau.